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Communauté de Terre Noire

#1 17-02-2018 15:16:22

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[Terminé] Journal Personnel du comte d'Aljais

HRP: Voici l'histoire de mon personnage sur cette île qui servira de fil conducteur à mes récits. Merci de vous rappeler que vos personnages ne sont pas forcément au courant de tout ce que j'écris.
Libre à vous d'insérer le RP de votre personnage et de son point de vue. Mais si vous voulez discuter avec mon personnage merci d'ouvrir un nouveau topique.

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme des pas
Qui s'arrêtent.
Mais c'est un départ
Pour un nouveau voyage...
 
Quelqu'un meurt,
Et c'est comme une porte
Qui claque.
Mais c'est un passage
S'ouvrant sur un autre monde...
 
Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un arbre
Qui tombe.
Mais si c'est une graine
Germant dans une terre nouvelle...
 
Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un silence
Qui hurle.
Mais s'il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie...
 

Après avoir prononcé ces paroles rituelles, le prêtre se retira pour me laisser la place. J’avançai alors de quelques pas et commençai à réciter le texte que j'avais appris par cœur.
 
Steffen, ici s'achève ton chemin parmi nous ;
mais ici même nous reviendrons pour nous souvenir,
pour continuer avec toi, dans le même sens, ces années
pendant lequels nous avons marché ensemble.
Nous voici avec toi au moment où tu entres dans une
Communion nouvelle et plus forte avec toi-même.
Ce que tu as vécu, tout cela continue aujourd'hui,
et l'élan que tu as pris, qui l'arrêtera ?
Et maintenant, Navas tout puissant,
c'est vers toi que nous regardons,
toi, parmi nous, toi, plus grand que nous ;
ce que tu as insufflé a cette terre,
tout cela continue à travers nous ;
et l'élan que tu nous as communiqué,
qui l'arrêtera ?
Toi en qui l'homme reconnait son idéal,
Toi qui nous appelles au-delà de nous-même,
Toi, déjà présent dans ces liens noués entre les hommes,
Toi, Dieu, tiens-nous debout
dans cet Amour plus fort que la mort.

 
Puis le corps du défunt Seigneur, mon père, fut amené dans la crypte du cimetière Seigneurial. On plaça alors son corps dans l'un des caveaux ou attendaient des membres de ma famille et d’autres membres de la noblesse . Un scribe entreprit alors d'énoncer la liste des hauts faits qu’avait accomplis mon père durant son règne devant une assistance qui l’écouta religieusement. Mais je ne fis pas attention à ce discours, car alors que je conservais un visage impassible mon esprit fut alors tourmenté par mes souvenirs d'enfance.
Les relations que j’avais eues avec ce père violent avaient toujours été tumultueuses et l'héritage qu’il me laissait allait être lourd à porter. En effet nombre de nobles avaient souffert sous son règne et les premières rumeurs de complot commençaient déjà à circuler alors que de leur côtés les religieux ne cessaient de tirer les ficelles afin de reprendre le pouvoir que leur avait confisqué mon grand-père.
 
Mes nombreux opposants hérités de mon passé disposaient en outre d'une arme de taille à savoir la terrible famine qui s'était abattue sur le comté et dont les religieux tiraient particulièrement profit. Je n’étais pas encore officiellement comte et pourtant ma charge était déjà bien lourde à porter. Ironiquement ce ne fut que quand le scribe décida enfin de se taire que je repris mes esprits.
 
Le maitre de cérémonie s'avança alors devant la dépouille de mon père et déclara
 
"Le Comte est mort !!"
 
Puis se tournant vers moi
 
"Vive notre Comte!!"
 
La foule répéta en chœur
 
« Le Seigneur  est mort, vive notre Seigneur !! »

 
Et alors que la foule commençait à quitter les lieux afin de me laisser selon le rituel seul avec mon père le prêtre s’avança vers moi.
 
«Toutes mes condoléances jeune Seigneur sachez que dieu vous accompagne dans cette épreuve et lorsqu’en son nom je vous couronnerai il sera de nouveau là pour vous aider à guider votre peuple vers la lumière. »
 
Ce fut un pari audacieux que tenta là le prêtre. Peut-être pensait-il profiter du chagrin qui devait m'accabler pour me faire tomber dans ce piège pourtant grossier. Nous savions tous les deux que mon grand-père et mon père avaient aboli cette tradition pour se couronner eux-mêmes. Si je le laissais faire, j'envoyais un signe fort du retour en grâce de la religion dans les affaires d'État. Mais si comme l'aurait probablement fait mon père je le contredisais publiquement devant les membres de la noblesse encore présente cela serait considéré comme une véritable humiliation pour le prêtre. De plus ce dernier avait savamment tourné ses phrases pour qu'en cas de refus l'on ait l'impression que c'est l'aide de dieu que je refusais.
 
« Le deuil de mon père et encore terriblement présent en moi mon père, d'autant que je n'ai pas encore pu me recueillir seul avec son esprit. Mais soyez assuré que j'honorerai sa mémoire dans la gloire de dieu et continuerai son œuvre. Vous serez le premier informé des dispositions que je prendrai pour le bien de notre peuple. »
 
Je pus voir sur le visage du prêtre qu'il avait parfaitement compris le message, mais en homme intelligent il sut prendre la porte de sortie honorable que je lui avais tendue. En effet il aurait été indécent sa part d’insister et d’accabler un fils pleurant son père. J'étais bien conscient cependant qu'il ne s'agissait là que d'un répit.
Ce ne fut que lorsque mon regard croisa à nouveau les nobles en train de quitter la crypte que je me rendis compte de mon erreur. Certains nobles qui avaient été maltraités durant le règne de mon père avaient interprété mes paroles comme une menace directe à leurs encontre.
 
Ah la nature humaine ! Une personne discutant avec une autre qui rit en vous regardant et l’on pense qu’elles se moquent de nous, des personnes se mettent à chuchoter à votre arrivé et voilà qu’elles médisent de vous. Il nous est difficile d'imaginer qu'une personne a juste égaré son regard alors que son interlocuteur lui racontait une blague quelconque, ou que des personnes se mettent à chuchoter pour que vous ne puissiez entendre une confidence qui ne vous concerne nullement.
 
Quoi qu'il en soit progressivement la crypte se vida de ses occupants et je restai seul avec la dépouille de mon père. Ou plutôt devant le sarcophage dans lequel il avait été enfermé. Je savais que j'aurais dû mettre ce temps à profit pour mettre en place mes plans pour mettre au pas la noblesse et les religieux afin de stabiliser le royaume, mais j'en fus incapable.
Aussi rigide qu’une statue je regardais le sarcophage plongé dans des années de souvenirs de relations avec mon père. J’éprouvais de la colère pour les nombreux coups et tourments qu'il m'avait fait endurer, de la peur de me retrouver désormais seul à diriger un royaume en proie à de nombreux troubles et aussi étonnant que cela puisse paraitre une profonde tristesse. Mon père et moi avions toujours entretenu une relation « professionnelle » entre un seigneur et son héritier. Et si je faisais l'addition des bons et mauvais moments je n'avais pas de doute sur lequel des deux sortirait vainqueur. Cependant il s'agissait de mon père, le seul membre de ma famille que je n'ai jamais connu et maintenant qu'il était parti je ressentais un grand vide. Mon père était mort, et maintenant qu'il était parti je me rendais compte que je ne l'avais jamais vraiment connu. Il y avait tellement de choses que j'aurais aimé lui dire, de questions que j'aurais voulu lui poser, de moments que j’aurais voulu passer avec… .
 
Soudain terrassé par la douleur je m’effondrai sur le sarcophage. Mon père était mort, et chose qui ne m'était arrivé depuis de nombreuses années je me mis à pleurer à chaudes larmes. J'ignore combien de temps je passai là à agripper le sarcophage, mais lorsque je repris mes esprits et après m'être rendu de nouveau présentable je sortis à mon tour de la crypte où il ne restait plus que le maitre de cérémonie et mes pages. Et je pus voir par la fenêtre le soleil qui commençait à se coucher. Cela signifiait que j'étais resté toute l'après-midi dans la crypte.
Remis de mes émotions je congédiai le maitre de cérémonie et me rendis d'un pas pressé vers la salle de réunion ou attendaient mes plus fidèles serviteurs.
Le Général Dash tout d’abord qui déjà du temps de mon père assurait le poste de conseiller militaire, sir William que j'avais personnellement nommé au poste de conseiller des affaires étrangères, mais qui s'occupait également officieusement de mon réseau d'espionnage et d'information. Enfin le Sir Guilhelm avait été nommé peu de temps avant la mort de mon père conseiller des affaires internes et économiques du royaume. En tant que fidèle allié et défenseur de la couronne et possédant de surcroit l'une des plus grandes fortunes du comté je l'avais reconduit dans ses fonctions.
 
Tous les trois étaient déjà en grande conversation à mon arrivée. Ils s'arrêtèrent néanmoins à ma vue et se levèrent de leur siège pour me saluer avec tout le respect dû à mon rang tout en me gratifiant de leurs condoléances. Une fois cet échange de politesses effectué il allait être temps désormais d'entrer dans le vif du sujet.
 
« Messieurs, je pense qu'il est temps désormais de faire le point sur la situation du comté. Jarl Guilhelm où en sommes-nous dans la gestion de cette sécheresse qui touche maintenant le comté depuis plus d'un an? »


« Votre Majesté la situation reste très préoccupante, le nombre de réfugiés se rendant en ville ne cesse de croitre et les abris provisoires construits à la va-vite pour accueillir cette population commencent à nous poser de sérieux problèmes sanitaires sans compter la criminalité qui explose mais ce qui me préoccupe le plus c'est les émeutes qui ne cessent d’éclater. Les autres villages du comté connaissent des difficultés similaires et seule la chasse intensive qui a été mise en place permet de limiter les ravages de la famine.
 
Cependant la bonne nouvelle est que grâce au rationnement nous avons pu mettre en culture suffisamment de champs pour nourrir convenablement la population. Malheureusement ils ne porteront leurs fruits que dans quatre ou cinq mois. »

 
Voyant que son collègue avait fini le général en profita pour prendre la parole.
 
« Je doute cependant que la politique de répression de votre père ne suffise bien longtemps à garder la maitrise de la situation. »

« Général je pense effectivement qu’une réorientation est nécessaire. Plus tôt que de jouer la carte militaire et de faire régner l'ordre, par la terreur en attendant que reviennent les beaux jours tentons de gagner les cœurs en ravivant la foi de nos concitoyens. De plus je souhaite qu'on lance de grands travaux d'aménagement pour occuper tous ces réfugiés.»

 
Ce fut le général qui réagit en premier
 
« Mon Seigneur je crains que si nous desserrons l'étreinte de notre autorité maintenant la situation ne devienne incontrôlable. L’épée a toujours été plus dissuasive pour la populace que les belles paroles. »
 
« Détrompez-vous général le peuple ne craint l'épée que lorsqu'il a quelque chose à perdre. Hors affamé un homme n’a plus grand-chose à perde. Seule la crainte de l'au-delà peut encore dissuader ceux dont le désespoir ne fait plus craindre le contact du fer. De plus en desserrant notre étreinte militaire nous pourrons calmer à travers une propagande efficace nos concitoyens en leur faisant croire que la sècheresse est derrière nous. Si nous arrivons à maintenir l'espoir d'un avenir meilleur alors les hommes hésiteront par deux fois avant de risquer leur vie dans des actions inconsidérées. »
 
« Certes cela peut nous permettre de gagner du temps, mais de belles promesses et menaces religieuse ne suffiront pas à calmer des réfugiés toujours plus nombreux et qui eux se rendront bien compte que rien ne change. D’autant que les oiseaux de mauvais augure et différents agitateurs n'hésitent et n'hésiteront pas à contrer notre propagande pour tirer quelques profit ou pouvoir de la situation. »
 
Protesta William.
 
«Régler le problème de ces agitateurs est de votre ressort Ser. Et je sais que vous en êtes capable sinon vous ne seriez pas à ce poste. Mais nous allons également montrer concrètement au peuple que les choses bougent. Nous profiterons de cette main-d’œuvre bon marché pour lancer les gros travaux dont nous avons déjà parlé qui nous permettront d'occuper tous ces réfugiés tout en réalisant des aménagements nécessaires à moindres frais. Cela permettra également de soutenir l'économie de la ville. Nous pourrons d'ores et déjà commencer par commander de nombreux outils aux artisans de la ville, mais également les matériaux de construction nécessaires. Sans compter tous les emplois indirects que de tels chantiers maintiendront. Bref de quoi occuper tout ce petit monde. »
 
Jarl Guilhelm ne paraissait pas du tout emballé par cette dernière proposition. Et me le fit savoir.
 
« Votre Majesté même si les réfugiés acceptaient de travailler gratuitement les caisses de l'État ne pourraient supporter de tel chantier !! Nos plans prévoyaient de s'étaler sur plusieurs générations et devaient être adaptés en fonctions des évolutions et obstacles rencontrés par notre pays. Jamais nous ne pourrons réunir les fonds nécessaires pour tout réaliser d’une traite. »

« Et si je puis me permettre même si nous arrivons à trouver l’or nécessaire et parvenons à occuper les esprits les ventres resteront vides. Tant que nous ne réglons pas ce problème, tous les subterfuges que nous pourrons trouver ne serviront à rien. Du moins je ne vois pas comment faire oublier à un homme qu’il meurt de faim. Croyez-moi lorsque cela arrive on ne pense plus qu'à ça. »

 
Renchérit le Général.
 
Je savais tout cela, mais je ne voyais pas d'autre levier sur lequel je pouvais faire pression tout en en garantissant le résultat. Le pire est que j'avais exposé la partie la plus facile à accepter de mon plan. Car je devais moi-même reconnaitre qu'en plus de devoir surpasser de nombreux blocages politiques mon plan reposait avant tout sur un coup de poker. Croisant, mais deux mains et posant ma tête dessus je l’achat un grand soupir en cherchant la meilleure façon de présenter ce dernier. Je finis après un silence assez tendu à me décider et répondis à sir William.
 8
« Oui, la nourriture est notre principal Soucie. Comme nous le savons tous, l'agriculture ne pourra pas satisfaire nos besoins avant plusieurs mois, nos bois qui ont été dans un premier temps pillés de tous leurs gibiers sont désespérément vides. La pêche qui compense pour l'instant en partie ce manque s'épuise à son tour. Les ressources que nous offre la nature finiront bien par se tarir à leurs tours. Il est évident que nous ne trouverons bientôt plus assez de nourriture pour nourrir tout le monde."
 
Puis après un court silence.
 
"Messieurs à moins d’un miracle plus de la moitié de notre population sera morte de faim avant que nous ne sortions de cette crise. Sans compter les inévitables débordements que la situation ne manquera pas d'entrainer avec son lot de victimes. »
 
Je pus voir le visage de mes conseillers s'assombrir devant l'énonciation de notre situation. Comme si le fait de l'énoncer à haute voix lui donnait plus de substance. Mais il me paraissait alors nécessaire d'insister sur la situation désespérée dans lequel nous nous trouvions afin de faire plus facilement accepter mon plan.
 
« Puisque notre comté  n'est plus en état de nourrir sa population il ne nous reste plus d'autre choix que de retourner dans le bains politique de l'île ou mon père m'avait envoyé le représenter. J'y avais des relations que je pourrais utiliser afin de sauver mes gens mais cela aura un prix. »
.
 
Un silence de stupéfaction s'installa dans la salle et je pus voir mes conseillers se creuser la tête pour réfléchir à toutes les implications et les risques que cela comportait. Comme je m'en doutais ce fut le général Dash qui posa la première objection.
 

«Votre Majesté  la dernière fois que nous avons pris part à la politique de l'île nous l'avons payé chers. »


« Oui je le sais général, mais rien ne dit que ce sera de nouveau le cas cette fois. D'autant que nous avons toujours été connu pour notre indépendance. Hormis les Sphonistes nous ne nous somme pas mis à dos grand monde. De plus au vu de la situation le jeu en vaut la chandelle. Je dirais même que nous n'avons pas le choix.»

 
« Seulement nous serons alors bien plus affaiblis que naguère. Et n'oubliez pas que les sphoniens profitent de l'effondrement de nos institutions pour pilier et convertir de force les fiefs alentours. Qui sais à quel point il ont bien pu progresser depuis.»
 
Fini par déclarer le Général Dash.
 
« Et rien ne dit que le roi ou l'empereur n'ai pas débarqué pour conquérir l'île. Général si nous continuons à nous fermer à l'extérieur à cause des possibilités vous savez comme moi nous ne serons pas protégés pour autant bien au contraire. De plus cela fait trop longtemps que je suis revenu veiller sur mon père et m'occuper du comté. Si nous voulons être prêts à affronter le monde extérieur il nous faut savoir de quoi il est fait! »
 
Lui répondige du tact au tact.
 
« Le peuple risque de s'inquiéter de votre départ qui renverra en lui de mauvais souvenirs des révoltes lors de la mort de Jun. Et nul doute que vos adversaires politiques en profiteront. »
 
Répondit William
 
« C'est pour cela que mon départ se fera dans le plus grand secret dans un premier temps. Le temps que j'évalue la situation, j'espère que le gouverneur  Mathias de Boemauth aura su tenir fermement les rênes du pouvoir. Qu'elle courage il a eu quand j'y repense de se lancer dans pareille aventure. Moi-même je n'ai pas osé mis risquer.
William, je compte sur vous pour trouver une bonne excuse à mon absent et réactiver votre réseau d'informateurs ! Général charge à vous de me fournir une escorte qui me sera dévouée corps et âme! Ainsi en ai-je décidé ! Ce sera tout Messieurs. »

 
Déclarai-je avant de sortir de la salle comme si la question était réglée. Bien sûr comme mes conseillers je redoutais ce qui pouvait bien nous attendre dans les contrées au-delà de nos frontières. Mais je les savais suffisamment intelligents pour comprendre que c'était la seule solution pour nous sortir de ce pétrin. Cela ne les empêcha pas de passer toute la nuit à réaliser les différentes missions que je leur avais confiées. Au prix de nombreux débats parfois houleux et d'arbitrage que je dus apporter au petit matin mon plan finit par se mettre en marche.

Dernière modification par Adil Gordion (25-02-2018 22:48:57)

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#2 24-02-2018 11:56:03

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Re : [Terminé] Journal Personnel du comte d'Aljais

Alors que les préparations pour mon départ allait bon train Sir William se présenta à mon bureau pour me remettre de sa propre main une missive qu'il venait de recevoir de le juste.

Cher seigneur,
Je vous écris cette lettre dans un moment de grande tension. Par le passé, nous nous sommes affrontés. Vous avez participé au sac d'Insohel l'ancienne et moi à celui de la vallée de Navas. Il faut laisser de côté nos tensions passées face au danger qui arrive sur nous. Vous le savez sans doute, une flotte royaliste arrive sur l'île. Cela n'est plus qu'une question de jours. Mais dans le même temps, un autre danger arrive. Je ne peux rien dire dans ce courrier, car il pourrait être intercepté. Mais sachez seigneur que l'ennemi est déjà sur l'île et qu'il a commencé sa conquête. Je me rendrai sous peu dans la capitale de l'île. Mais j'aimerai vous inviter à Insohel la nouvelle pour discuter la création d'une alliance contre nos ennemis communs. Je me doute que vous pensez qu'il s'agit peut-être d'un piège, mais il n'en est rien. La situation est trop grave. Venez vite je vous en conjure pour le bien de l'île !

Jogar, grand maître de l'ordre sphonien

Rejetant la lettre sur mon bureau je regarda sir William et déclara.

"Voilà peut-être une occasion en or de faire la paix avec ses païens vous ne croyez pas?"

Je voyais bien qu'il était dubitatif. Et je dois avouer que je n'avais pas beaucoup d'espoir non plus. Mais nous savions tous les 2 qu'il aurait été idiot de ne pas tenter cette approche.

"Sire si j'en crois cette lettre il cherche surtout à se racheter une virginité en cherchant à nous mettre au même niveau des atrocités qu'il a commises. Mais il me semble évident qu'il cherche une forme de légitimité en se plaçant comme un défenseur de l'île. Et oui je pense que nous pouvons nous servir de cette recherche de légitimité pour lui faire abandonner les pillages auxquels il s'est livré."

Je ne pouvais pas laissez le juste ternir ma réputation pour tenter de redresser la sienne. Cependant il ne fallait pas pour autant être trop agressif au risque de le braquer.

"Nous ne pouvons en effet pas le laisser penser qu'il peut répandre de fausse rumeurs à notre sujet. Cependant oui je suis d'accord que la politique de la main tendue dois être tenté. Tentons d'obtenir des gages de bonne foi de sa part et nous verrons bien ce que cela peut donner."

Je passai  l'heure suivante à réfléchir avec sir William à la meilleure façon de tourner notre réponse puis nous la fîmes parvenir au "juste" le plus rapidement possible.

Seigneur Jogar,

Votre mémoire vous joue des tours je n'ai jamais participé au sac d'Insohel l'ancienne. Je l'ai simplement approuvé pour que cesse vos raides et le pillage de vos voisins. Dont mon compté fessait parti.

Mais vous avez raison l'île est trop vulnérable pour que l'on reste bloqué dans nos rancœurs passé. Et c'est unie que nous devons avancer. Si vous me juré au nom de votre déesses que vous renoncez à vos pillages et si vous me remettez le fruit de vos pillages des temples de Navarre. Afin d'apaiser les tensions. Je m'engage à œuvrer à vous réhabiliter. Je compte renforcer prochainement le pouvoir de l'agora. Une fois cette dernière mise en place. J'ai l'intention par exemple de proposer une mention de neutralité politique envers les religions de l'île. Pour qu'aucun ne soit persécuter pour ces croyances. Mais pour ces actes. Mais le chemin risque d'être long et si vous avez le droit de vous défendre il vous faudra redoubler d'effort pour prouver votre bonne fois. Nul doute que les crises à venir seront l'occasion de redorer votre blason et je suis prêt à vous y aider.
J'ai trop à faire à la capital pour vous rencontrer mais je vous enverrais un homme de confiance dont le nom de code est Gaston. Faîte lui parvenir les informations que vous avez recueilli sur cette menace. Et je saurais rappeler aux pairs le rôle que vous avez joué dans la défense de l'île.

Et si invasion de l'île il y a. Oui je ferais alliance avec tous ceux qui la combatte. Nous en aurons peut-être l'occasion d'en reparler ensemble à la capitale si j'ai le temps de vous y voire en privé.

Comte Adil Gordion


Ca réponse ne se fit pas attendre. Et nous laissa pour le moins perplexe.

Cher seigneur,

Votre mémoire aussi vous joue des tours, je n'étais point en charge de la communauté sphonienne durant cette période. Je n'étais alors qu'un simple soldat servant son seigneur et maître. Mais par la suite, les persécutions ont continuées. Je me devais de défendre les miens et cela par tous les moyens. Rien ne sera rendu. Elles sont le symbole de la victoire sphonienne, du moins d'insohel la nouvelle, sur les persécutions.
Nous devons mettre cela de passé, d'autant que votre comté se trouve en première ligne face à cette invasion que vous ne voyez pas et qui semble avoir lieu dans votre duché même. Vous avez cruellement besoin des troupes sphoniennes. Croyez moi la dessus. Nous pouvons décider de rester neutre dans le conflit qui arrive. Mais vous non.
Nous sommes prêt à mettre en place une alliance avec vous, à reconnaître la liberté de conscience, comme vous le proposez, et à participer à la défense de l'île. Mais nous voulons une réorganisation profonde du système politique. Ce que vous semblez enclin à faire aussi. Néanmoins, si vous n'êtes pas prêt à abandonner vos réclamations sur les reliques navaséennes présentes à Insohel, les négociations seront lettres mortes et j'ai bien peur que votre comté ne soit pas en mesure de résister longtemps seul face à la menace.
J'espère voir votre messagerie au plus vite à Insohel.
Jogar, dit Lejuste, grand maître de l'ordre sphonien

Regardant Sir William avec étonnement je lui demanda.

"L'ancien Lejuste ne se nommait-il pas déjà Jogar?"

"Si Sir je suis aussi étonné que vous. Peut-être cela fait-il parti de sa stratégie pour redorer son blason ? À moins que cela soit un titre au sein de leurs ordre je ne saurais vous le dire mais au fond quel importance?"

"C'est vrai vous avez raison cela importe peu. Cependant le ton de sa réponse ne me plaît pas du tout. J'ai plus l'impression qu'il cherche une fois de plus à nous faire peur pour arriver à ses fins plutôt que de faire amende honorable. C'est fort Ennuyeux dotant qu'il se refuse à toute gage de bonne foi. Je crains que son plan ne soit plus sombre que de prime abord. "

"Bah quel mal voulez-vous qu'il fasse ? C'est le seul seigneur que je n'ai jamais connu qui ai réussis l'exploit de se mettre à dos l'ensemble de la noblesse de l'île? Et Je pense que les rumeurs de débarquement sont effectivement plus inquiétantes que les plans qu'il a pu tirer."


"De vague rumeur tous au plus. Restons attentifs mais ne nous alarmons pas pour autant. Quant au Juste Certes il est seul mais aussi le seul qui ai rapportés le spectre de la guerre sur l'île. Et malgré les tentatives du gouvernement pour mettre fin à ces pillages force est de constater qu'il a survécu. À lui seul il a plus d'expérience dans la façon de mener une guerre que tous les seigneurs de l'île réunis. Et ses compétences pourraient nous être fort utiles si nous parvenions à le convaincre de se ranger de notre côté. Le problème et qu'il semble vouloir jouer sa propre partition et que le je le connais suffisamment pour savoir qu'il n'est pas ouvert au dialogue. Je ne l'ai jamais vu faire de concessions ou de demi-mesures. Et c'est cela qui m'inquiète. Tentons néanmoins une dernière fois de le convaincre de faire un geste de bonne volonté mais je n'y crois guère."

"Comme bon vous semblera Sir"

Et une fois de plus je fis parvenir un nouveau message au juste.

Seigneur le Juste,

Vous avez raison je n'ai pas été informé du décès de votre seigneur et maitre. Veillé accepter mes condoléances. Le faite que vous portiez tous les deux le nom "le juste" m'a induit en erreur. C'est un titre au sein de votre ordre?

Vous avez donc hérité de ces actions et je comprends que vous ayez défendu les vôtres. Mais comment les défendre aux mieux? En continuant le combat seul contre les autres? Ou en vous alliant au reste de l'île pour sa défense? Car oui vous avez raison nous avons besoin de vous.

Voilà pourquoi je suis prêt à oublier le passé et aller de l'avant. Le problème est que ces reliques que vous exhibez ne sont pas le symbole de votre persécution. Mais de vos persécutions, elle rappelle aux seigneurs auquel vous souhaitez vous allier les raides, les massacres de votre prédécesseur. D'autant plus que vous portez le même nom que ce dernier. J'ai donc besoin d'un symbole fort pour les convaincre. Pour leurs prouver que vous êtes meilleur que l'inquisiteur qui vous persécute. Que vous êtes juste. Voilà pourquoi je vous propose que vous rendiez la moitié de vos pillages maintenant et le reste lorsque les lois garantissant votre liberté seront adoptées. Cela m'a semblé le moyen le plus simple, le plus rapide, et le moins onéreux pour parvenir à nos fins. En voyez-vous un autre?

Mon représentant part ce soir pour se rendre en vos terres et écouter vos propos. Il aura le pouvoir de parler en mon nom. Je vous prie de ne pas vous offusquer de son excentricité.

Adil Gordion Comte D'Aljais

Sans grande étonnement le juste ne répondit pas à ce dernier message et alors que je pris la route de la capitale avec mon escorte j'envoyais mon représentant le rencontrer. Sir William eu même la bonne idée de mettre en place un système pour que je sois informé du compte rendu de la réunion avant mon arrivée à l'agora.

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